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Qui sont les élèves avec des besoins éducatifs particuliers ?

Notion assez récente, l’expression « élèves à besoins éducatifs particuliers », venue du « Special Educational Needs » anglophone, recouvre une population d’élèves très diverse.

Lorsqu’on l’évoque, le terme d’élève « handicapé » y est en partie associé. Mais cette notion de « handicap » a beaucoup évolué ces dernières années. Aujourd’hui, nous considérons qu’un handicap ou un trouble n’a pas de valeur en soi mais seulement quand il est pris dans son contexte environnemental1. Un enfant peut être en « situation de handicap » à un moment donné, mais l’être beaucoup moins grâce à des adaptations ciblées. Par exemple, une personne avec une déficience auditive est en situation de handicap pour communiquer si elle interagit avec des personnes qui s’expriment oralement. Dès lors qu’on utilise la langue des signes ou que cette personne est en mesure de procéder à la lecture labiale, elle n’est plus en situation de handicap dans ce contexte précis. En revanche, elle conserve des « besoins particuliers ».2

Alors concrètement, qui sont ces élèves ? Les élèves ayant des besoins spécifiques dans les classes peuvent être confrontés à des problématiques très variées.

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 Nous distinguons les causes suivantes :

-> des troubles neurodéveloppementaux
-> des troubles organiques
-> des troubles psychologiques
-> des difficultés socio-économiques ou culturelles
-> le cas particulier des élèves à haut potentiel

Chaque catégorie est détaillée ci-dessous. La présentation de chaque trouble ou difficulté se veut courte et non-exhaustive afin de donner au lecteur une vue d’ensemble. Néanmoins, pour chaque cas, des liens vers des fiches d’accompagnement spécifique sont proposés (les définitions et fiches d’aménagements sont issues majoritairement du site genevois « cap intégration »3 et du site canadien « learn alberta »4).

 Besoins éducatifs particuliers (Illustration empruntée au site internet de l'Académie d'Aix-Marseille, http://www.clg-montand.ac-aix-marseille.fr/spip/spip.php?rubrique109)

1. Les troubles neurodéveloppementaux :

Cette catégorie regroupe les difficultés liées au développement du système nerveux de la personne. Ces troubles se manifestent généralement lors de la petite enfance et avant l’entrée à l’école. Ils se caractérisent par un retard de développement qui affecte le fonctionnement de la personne tant sur le plan personnel, social, scolaire que professionnel5.

troubles neurodéveloppementaux bulles

Vue synthétique des troubles neurodéveloppementaux, d’après le DSM V (Illustration empruntée au site de l'ANPEIP Association Nationale Pour les Enfants Intellectuellement Précoces http://www.anpeip.org)

-> Troubles spécifiques des apprentissages (TAS) : difficultés persistantes d’apprentissages et d’utilisation des habiletés académiques dans les domaines de la lecture, de l’écriture ou des mathématiques et qui se manifestent en l’absence de tout déficit visuel, auditif, neurologique ou intellectuel et malgré une scolarisation normale.
Dyslexie : trouble spécifique de l’apprentissage de la lecture, lié à une difficulté particulière à identifier les lettres, les syllabes ou les mots.
Dysorthographie : trouble sévère et durable de l’apprentissage de l’orthographe.
Dyscalculie : trouble spécifique du calcul ou plus largement de l’arithmétique ou des mathématiques.
Dysgraphie : trouble de la réalisation du geste graphique.

-> Troubles moteurs : troubles regroupant des difficultés au niveau de la coordination des gestes, des mouvements stéréotypés ou des troubles tics, interférant avec les activités sociales.
Dyspraxie ou Trouble d’Acquisition de la Coordination (TAC) : trouble spécifique du développement moteur.
Syndrome Gilles de la Tourette : trouble neurologique causant un grand nombre de tics moteurs involontaires et de comportements inhabituels.

-> Troubles de la communication : troubles du langage, de la parole, de la fluence, de la pragmatique du langage et troubles de la communication non précisés ailleurs.
Dysphasie : trouble spécifique, primaire, structurel et persistant du développement du langage oral. Elle peut être plus ou moins sévère et se présenter sous différentes formes.
Bégaiement : trouble qui affecte le débit et le rythme de la parole. 

-> Déficiences cognitives (ou intellectuelles)
Déficience cognitive légère : fonctionnement intellectuel inférieur à la moyenne de manière significative, combiné, ou non, à un déficit du comportement adaptatif.
Déficience cognitive modérée : fonctionnement intellectuel inférieur à la moyenne de manière considérable, combiné à un déficit du comportement adaptatif.
Déficience cognitive sévère : fonctionnement intellectuel de beaucoup inférieur à la moyenne, combiné à un déficit important du comportement adaptatif.
Trisomie 21 ou syndrome de Down : anomalie chromosomique qui cause des retards dans le développement physique et intellectuel.
Syndrome de l’X fragile : incapacité mentale héréditaire avec déficiences cognitives de légères à sévères.

 

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Jeune garçon trisomique en classe ordinaire

-> Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) : trouble neurobiologique affectant certains circuits cérébraux responsables notamment du maintien de l’attention sur la durée et de la résistance aux distracteurs.

-> Troubles du spectre autistique (TSA) : troubles neurologiques permanents complexes qui altèrent les fonctions cérébrales et qui peuvent entrainer des problèmes de communication, de comportement et d’interaction avec les autres.

2. Les troubles organiques :

Cette catégorie concerne les élèves présentant des déficiences sensorielles ou physiques ainsi que ceux confrontés à une maladie organique chronique.

-> Déficiences sensorielles (auditive ou visuelle)
Malentendance ou surdité : perte de la fonction auditive partielle ou totale.
Malvoyance ou cécité : perte de la fonction visuelle partielle ou totale.

-> Déficiences motrices : ensemble des maladies génétiques, systémiques, neurologiques, neuromusculaires ou rhumatologiques, pouvant toucher la motricité d’une manière ou d’une autre.

-> Pathologies organiques chroniques : longues maladies entraînant des absences, des ruptures scolaires éventuelles, avec un risque de marginalisation engendrant un inévitable sentiment d’exclusion.

 3. Les troubles psychologiques :

Cette catégorie regroupe les troubles de l’humeur, du comportement, du caractère.

Dépression chez l’élève : maladie psychique dont les manifestations habituelles sont la tristesse, le sentiment d’incapacité, de culpabilité, de difficulté à éprouver du plaisir, la difficulté à se mettre en mouvement, mais qui peut prendre des formes très différentes chez l’adolescent.
Trouble bipolaire à l’adolescence : variations d’humeur pathologiques qui, par leur durée, leur intensité et leur régularité, ont un impact important sur le fonctionnement social et scolaire.
Trouble anxieux : appréhension excessive et persistante accompagnée de manifestations physiques comme la transpiration, des battements cardiaques accélérés, un inconfort à l’estomac.
Trouble des conduites : modèle de comportement persistant dans lequel sont bafoués les droits fondamentaux d’autrui : comportement impulsif, souvent dangereux et inacceptable du point de vue social.
Trouble obsessionnel-compulsif : affection dans laquelle les obsessions (pensées) ou les compulsions (comportements répétitifs) sont assez graves pour être chronophages, entrainer une détresse marquée ou perturber de façon significative les activités de tous les jours.
Trouble oppositionnel avec provocation : ensemble de comportements persistants (agressivité, provocation) et un besoin d’ennuyer ou d’irriter les autres.

 4. Les difficultés socio-économiques ou culturelles :

Cette catégorie concerne les élèves présentant des difficultés découlant principalement de facteurs environnementaux : socio-économiques, culturels ou linguistiques.

Situation familiale ou sociale difficile : élèves dont les familles se trouvent confrontées à d’importantes difficultés professionnelles, familiales, sociales ou financières, limitant significativement un suivi bienveillant des apprentissages de leur enfant.
Arrivée récente dans le pays : élèves allophones (ne parlant pas la langue du pays).
Mode de vie itinérant : élèves issus de familles du voyage, itinérantes ou sédentarisées, ayant souvent peu fréquenté l’école et présentant parfois des difficultés avec le français.

 5. Le cas particulier des élèves à Haut potentiel (HP ou Elèves Intellectuellement Précoces)

Les élèves HP sont des élèves avec des aptitudes intellectuelles exceptionnelles (QI bien supérieur à la moyenne), avec un mode de pensée et un fonctionnement affectif qualitativement différents qui peuvent engendrer des difficultés d’apprentissage.

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A la rencontre des pensées d’un élève intellectuellement précoce (illustration empruntée à l'Académie de Versaille - L’élève à haut potentiel ou EIP : http://www.le-cheval-a-rayures.fr/wp-content/uploads/2014/05/EIP-91-presentation-CDDP.pdf)


 Références :

1 Depuis 2001, l’Organisation Mondiale de la Santé préconise, dans sa Classification du Fonctionnement, du Handicap et de la Santé (CIF), d’évaluer un problème en tenant compte des déficiences mais également des limitations d’activité engendrées et des restrictions de participation à la vie en société, tout cela en lien avec les facteurs environnementaux qui peuvent s’avérer être des obstacles supplémentaires ou au contraire des facilitateurs. Ainsi, la notion de handicap devient très variable en fonction du contexte, du moment.

2 MEULI, Natalina, ZUCCONE, Cecilia. Intégrer à Genève, inclure en Finlande : qu’en pensent des élèves à besoins éducatifs particuliers ?. Maîtrise : Univ. Genève, 2013

Site du Département de l’Instruction Public qui donne aux professionnels de l’éducation des pistes d’intervention auprès des élèves à besoins éducatifs particuliers : https://edu.ge.ch/site/capintegration

Site canadien proposant de nombreuses fiches pour les enseignants sur les troubles et les stratégies d’adaptation : http://www.learnalberta.ca/content/inmdictf/html

DSM 5 Diagnostic and Statistical Manual of mental disorders, 2013 (traduction libre)


Pour en savoir plus :

Site suisse de pédagogie spécialisée, proposant des fiches « d’informations à l’intention des enseignants sur les troubles, les mesures de différenciation pédagogiques et la compensation des désavantages » : http://www.szh.ch/fr/Thmes-et-projets/Projets/Besoins-ducatifs-particuliers-et-intgration/page34525.aspx

Site dont l’objectif est d’ « informer pour mieux scolariser les élèves malades », propose un classement par ordre alphabétique de maladies, troubles de santé, handicaps, etc., avec préconisations correspondantes : http://www.tousalecole.fr

Site genevois privé (élaboré par une maman) proposant des informations sur certaines déficiences ou difficultés d’apprentissage, ainsi qu’un annuaire neutre dans lequel les thérapeutes peuvent proposer leurs services : https://troublesdapprentissage.com

Dossier documentaire et pédagogique pour repérer, comprendre et aider les enfants à haut potentiel : http://pedagogie1.ac-reunion.fr/circons/stdenis1/Doc2012/Les_eleves_intellectuellement_precoces_guide_974.pdf

Exemple de dispositif d’accueil pour des élèves allophones en France : http://www.ac-grenoble.fr/savoie/pedagogie/docs_pedas/eana_doc_accueil/index.php?num=1124

Dossier sur la scolarisation des Roms en Europe : http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA-Veille/30-octobre-2007.pdf