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Fernand Oury (18 Janvier 1920 – 19 Février 1997)

Par Laurie Huberman

Fernand Oury, pédagogue français, crée la Pédagogie Institutionnelle en collaboration avec la psychologue Aida Vasquez. Dès ses débuts en tant qu’enseignant, il critique le système éducatif français. Le nombre d'élèves dans chaque classe est trop élevé. Les règles sont également trop nombreuses et souvent absurdes.

Au départ, c’est en collaboration avec Célestin Freinet qu’il travaille afin de réformer l’organisation pratique des écoles en milieu urbain. Par la suite, il se sépare de Freinet et fonde ce qu’il nomme la Pédagogie Institutionnelle.
Durant les années 60 et 70, Fernand Oury développe les instruments pratiques et théoriques de la Pédagogie Institutionnelle. Ceux-ci reposent sur trois piliers principaux :

- Dimension matérielle (équipements et organisation des activités)
- Dimension sociologique (prise en compte de la dynamique de classe)
- Dimension psychanalytique (« l’inconscient est dans la classe »).

Il met en place divers outils  pour matérialiser ses concepts pédagogiques :

- Le conseil de classe
- Le « Quoi de neuf »
- Les ceintures de comportement
-...


Les 3 pôles de la Pédagogie institutionnelle (P.I.) d'après Etiennette Vellas

Par Etiennette Vellas, Docteure en Sciences de l'éducation

Fernand Oury (1920-1998). Sa pédagogie reléguée au début aux marges de l’institution scolaire, n’en continue pas moins d’exister. Et de se renforcer.

3poles pi

La PI de Fernand Oury se fonde sur une contestation théorique radicale de toute « structure éducative verticale et autoritaire ».
« Là où sont les problèmes, là sont les solutions ».
« Ne rien dire que nous n’ayons fait ».

Les pionniers ont lu :
Karl Marx (l’exploitation n’est pas le destin inéluctable de la classe ouvrière).
Anton Makarenko (concevoir des collectivités éducatives justes et efficaces).
Sigmund Freud (attention portée sur le sujet désirant, les jeux de l’inconscient).

Le lieu éducatif est pensé comme un lieu d’existence, de parole, de travail où s’inscrit le désir. Un lieu propice aux identifications et aux projections de toutes sortes.

Oury disait que la PI repose sur un trépied, constitué par le matérialisme, par le groupe et par l’inconscient.

Pour qu’un lieu éducatif vive, il a besoin, comme toute organisation sociale, de règles et de lois. Deux voies sont alors possibles, celle de la réglementation, celle de l‘institutionnalisation. Oury choisit cette dernière, pouvant seule respecter le désir.

Cette pédagogie dite « du désir » développe, pour cette raison même, des relations qui sont de structure ternaire. Les échanges entre éducateurs et enfants, mais aussi entre enfants ou entre adultes ne sombrent ainsi pas dans un face à face, car ils sont médiatisés par des institutions : un ensemble de réunions, de règles de fonctionnement, de fonctions clairement déterminées, constamment perfectionnées, évaluées par le groupe. Toute institution qui ne fonctionne pas doit être changée ensemble.

Oury a repris la classe coopérative de Freinet. Ses techniques comme le Journal, la Correspondance, l’Enquête, etc. sont vues comme des institutions, des objets médiateurs.

La PI s’appuie sur d’anciennes institutions spécifiques qui souvent perdurent : Le Marché, les Métiers, les Sanctions, la Monnaie intérieure, les Ceintures de niveaux et de comportement, le Conseil, l’Apprentissage mutuel, la Boîte à question, le Quoi de neuf ? la Réunion, le ça va-t-y ? les Maîtres-mots, les Monographies, etc.

Toute règle est aussi une institution négociée avec le groupe, mais l’éducateur demeure toujours le garant de la Loi.


Pour aller plus loin :

www.meirieu.com pdf Fernand Oury et la pédagogie institutionnelle

www.pig.asso.free.fr

www.fremeaux.com “Fernand Oury- Un Homme est passe”