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Evolution du modèle des d’affaires des Edtechs - Juin 2026

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A propos

Ce rapport a pour objectif d’analyser une tendance qui devrait occuper une place de plus en plus importante dans les années à venir : celle des professeurs-influenceurs. Encore relativement peu documenté dans les médias traditionnels, ce phénomène transforme progressivement la manière dont les élèves accèdent aux connaissances et appréhendent l’apprentissage. Au-delà des différents exemples présentés tout au long de ce rapport, les outils numériques ci-dessous sont également étudiés afin d’illustrer comment les enseignants peuvent rendre leurs cours plus interactifs tout en développant l’esprit critique de leurs élèves.

Définition des Edtechs :

L’acronyme EdTech est l’abréviation de « Educational Technology ». Les EdTechs consistent à utiliser les nouvelles technologies pour faciliter et améliorer l’apprentissage et la transmission des connaissances.

Par exemple, le « e-learning » a pour but de proposer une formation en ligne individuelle au lieu d’assister physiquement aux cours. Les « classrooms » et les MOOCs (Massive Open Online Courses) sont des cours et formations diffusés sur Internet. Le LMS (Learning Management System) permet de diffuser des contenus pédagogiques en ligne et potentiellement des cours complets. Il existe également des robots éducatifs qui accompagnent les jeunes dans leur apprentissage en captant leur attention. La tendance aujourd’hui est l’intelligence artificielle, qui gagne tous les secteurs et transforme profondément les méthodes d’apprentissage.

Les EdTechs proposent des services sur mesure et à la demande. Elles révolutionnent la formation en permettant notamment de concevoir un parcours d’apprentissage personnalisé pour les étudiants.

Aujourd’hui, les enseignants et les établissements s’appuient sur des technologies éducatives de plus en plus innovantes pour faciliter la transmission des connaissances et encourager un apprentissage interactif et collaboratif. Ces outils numériques, tels que les plateformes en ligne, les environnements d’apprentissage hybrides et les solutions connectées, permettent de mieux organiser, suivre et personnaliser les parcours des apprenants. Ils offrent ainsi aux enseignants la possibilité d’adapter leurs méthodes pédagogiques aux besoins spécifiques des étudiants, tout en rendant l’enseignement plus flexible, accessible et efficace.

Les Edtechs profitent ainsi aux étudiants, aux enseignants comme aux écoles. Elles améliorent le dialogue, l’éducation, le travail de l’administration, l’apprentissage et surtout la pédagogie.

Veille prospective - définition

Définition

La veille prospective consiste à mettre en œuvre un processus de surveillance de l’environnement afin d’identifier les signaux faibles et matures qui sont des indicateurs de changement. Il s’agit de collecter des informations stratégiques pour pouvoir anticiper les changements de l’écosystème afin d’y répondre le plus tôt possible et de manière adéquate. La veille prospective permet de soutenir la mise en œuvre d’une stratégie commerciale et technologique.

Méthodologie

Une méthode efficace consiste à effectuer une veille sur l’évolution des produits et des services.

Les mesures suivantes ont été prises pour effectuer la veille et illustrer les résultats :

  • Recherche et analyse d’offres innovantes dans le secteur EdTech, qu’elles soient récentes ou plus anciennes, dès lors qu’elles restent pertinentes et toujours d’actualité.
  • Identification et compréhension des avantages commerciaux et technologiques de ces technologies.
  • Identification des tendances et des innovations Edtech. Les tendances représentent les caractéristiques et les développements du marché.

Objectifs

Une entreprise ou un établissement d’enseignement qui veut être durablement compétitif doit être constamment au courant des changements de son marché afin de limiter les risques ou de profiter de ces changements pour assurer son attractivité.

  • Surveiller l’évolution des produits et services.
  • Identifier les tendances et stratégies innovantes à long terme.
  • Analyser, critiquer et comparer ces informations avec la stratégie existante de l’organisation de référence.
  • Évaluer la concurrence et leurs stratégies d’affaires à travers leurs innovations.
  • Effectuer une auto-évaluation et élaborer une stratégie.
  • Trouvez l’inspiration dans les tendances commerciales et technologiques.

Analyse des tendances Edtech

Nouveau dossier/rapport

Le rapport Assessment of the Education Technology Market in England analyse le marché des technologies éducatives en Angleterre. Il dresse un état des lieux de l’adoption des outils numériques par les établissements scolaires, identifie les principaux freins à leur déploiement et met en évidence le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans l’évolution des pratiques pédagogiques.

Nouvelles marquantes :

  • Multiverse, la plateforme britannique dédiée à la formation continue en matière d’IA et d’adoption des technologies, a annoncé avoir levé EUR 60 millions (CHF 55.5 millions)

  • Gizmo, une plateforme d’apprentissage basée à Londres et alimentée par l’intelligence artificielle, a levé USD 22 millions (CHF 17.8 millions) dans le cadre d’un tour de table de série A.

  • La plateforme d’éducation en ligne Virtual Class Limited – opérant sous le nom de Third Space Learning (TSL) – a levé GBP 4.4 millions (CHF 4.70 millions) pour développer son service de tutorat par IA.

  • La start-up Edtech ProLearn a levé 30 crores de roupies (CHF 2.6 millions) lors d’un tour de table de pré-amorçage mené par BEENEXT, avec la participation d’Eximius Ventures.

Contexte

Le phénomène des professeurs-influenceurs reste relativement peu abordé dans les médias traditionnels et dans la littérature académique. Une simple recherche sur les principaux moteurs de recherche permet de constater le manque d’études et d’analyses consacrées à ce sujet. Pourtant, la visibilité et l’influence de ces créateurs de contenu éducatif ne cessent de croître. Il suffit d’observer le nombre de vues générées sur les différentes plateformes ou encore le nombre d’abonnés qu’ils rassemblent pour prendre conscience de l’ampleur du phénomène. Certains comptes cumulent plusieurs millions d’abonnés à travers YouTube, TikTok, Instagram ou encore Twitch.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large marqué par l’usage croissant des réseaux sociaux chez les jeunes. Il apparaît donc logique que les contenus éducatifs s’adaptent à ces nouvelles pratiques. Les professeurs-influenceurs proposent généralement des formats courts, dynamiques et interactifs, mieux adaptés aux attentes des nouvelles générations. Ces vidéos permettent de capter plus facilement l’attention des élèves tout en simplifiant l’accès à certaines notions parfois complexes. Par ailleurs, ce type de contenu se distingue de nombreuses critiques habituellement adressées aux réseaux sociaux. Alors que ces plateformes sont souvent accusées de favoriser des contenus superficiels destinés uniquement à retenir l’attention des utilisateurs, les créateurs éducatifs cherchent au contraire à transmettre des connaissances et à apporter une réelle valeur pédagogique.

Ces derniers ne constituent pas une rupture totale avec les pratiques passées. Ils représentent plutôt une évolution des vidéos éducatives qui existaient déjà sur YouTube il y a plusieurs années et qui continuent aujourd’hui d’être largement consultées. Les créateurs ont simplement adapté leurs méthodes et leurs formats aux nouvelles technologies et aux nouveaux usages numériques. Néanmoins, lorsque l’on aborde l’éducation, en particulier celle des plus jeunes, cette évolution soulève de nombreuses interrogations. La place grandissante des réseaux sociaux dans l’apprentissage interroge autant les parents que les enseignants et les responsables politiques.

Qui sont les professeurs-influenceurs ?

Les professeurs-influenceurs peuvent être définis comme des enseignants qui produisent du contenu éducatif sur les réseaux sociaux afin de transmettre des connaissances à un large public. Toutefois, cette définition peut être élargie à l’ensemble des créateurs de contenu dont l’objectif est d’accompagner les élèves dans leur apprentissage, qu’ils soient enseignants, étudiants ou spécialistes d’une discipline. Cette diversité d’acteurs contribue à rendre la notion de professeur-influenceur relativement floue.

Les plateformes privilégiées par ces créateurs sont naturellement celles qui sont les plus utilisées par les jeunes. TikTok occupe aujourd’hui une place centrale grâce à son format court et dynamique, suivi par Instagram et YouTube. Cette dernière plateforme demeure une référence pour les contenus éducatifs plus approfondis, tout en ayant adopté des formats courts similaires à ceux popularisés par TikTok et Instagram.

Les contenus proposés sont aussi variés que les disciplines enseignées. Néanmoins, les matières les plus représentées sont généralement celles qui concernent le plus grand nombre d’élèves, notamment les langues, les mathématiques et les sciences. Ces domaines bénéficient d’une forte demande de soutien scolaire et de ressources complémentaires.

En Suisse, le phénomène des professeurs-influenceurs reste relativement limité et aucun créateur éducatif n’atteint actuellement la notoriété de certains de leurs homologues français ou allemands. Comme dans d’autres secteurs médiatiques, les jeunes Suisses sont largement exposés aux contenus produits dans les pays voisins. En Suisse romande, les créateurs français occupent une place importante, tandis qu’en Suisse alémanique, les contenus provenant d’Allemagne sont particulièrement influents.

Pour mieux comprendre l’ampleur de l’influence exercée par ces créateurs de contenu éducatif, il est intéressant d’observer leur audience sur les principales plateformes numériques. À titre d’exemple, Yvan Monka, professeur de mathématiques au lycée, rassemble plus de trois millions d’abonnés sur YouTube, auxquels s’ajoutent environ 56’000 abonnés sur Instagram et plus de 650’000 sur TikTok. Un autre exemple marquant est Monsieur Prof, enseignant franco-britannique spécialisé dans la vulgarisation et le soutien scolaire. Il compte plus d’un million d’abonnés sur Instagram, plus de 420’000 sur YouTube et dépasse également le million d’abonnés sur TikTok. Ces chiffres illustrent la capacité de certains professeurs-influenceurs à toucher un public largement supérieur à celui qu’ils pourraient atteindre dans un cadre scolaire traditionnel. Leur audience se rapproche parfois de celle de personnalités médiatiques ou de créateurs de contenu généralistes. En comparaison, la Suisse ne compte actuellement aucun professeur-influenceur disposant d’une audience comparable. Les comptes éducatifs suisses les plus suivis rassemblent généralement quelques dizaines de milliers d’abonnés. Cette différence s’explique notamment par la taille plus réduite du marché suisse et par l’influence des créateurs français et allemands, qui occupent une place importante auprès des jeunes Suisses.

Les apports des professeurs-influenceurs pour l’éducation

L’un des premiers avantages des professeurs-influenceurs est l’accessibilité qu’ils offrent aux connaissances. Grâce à Internet et aux réseaux sociaux, les contenus éducatifs sont désormais disponibles gratuitement pour une grande partie de la population, en particulier dans les pays développés où l’accès au numérique est largement répandu. Cette démocratisation du savoir permet aux élèves d’aborder les notions étudiées en cours sous un angle différent et parfois plus adapté à leurs besoins. Alors que peu de familles peuvent se permettre de recourir régulièrement à des cours particuliers, les vidéos éducatives constituent une alternative accessible. Elles permettent aux élèves de compléter leurs apprentissages, de combler certaines lacunes ou encore de mieux comprendre des notions qui n’auraient pas été totalement assimilées en classe.

L’intérêt de ces contenus ne réside pas uniquement dans leur approche pédagogique différente. Contrairement à un cours traditionnel, qui n’est généralement dispensé qu’une seule fois, les ressources numériques peuvent être consultées à tout moment. Un élève peut ainsi revoir une explication plusieurs mois après l’avoir étudiée en classe, retrouver rapidement une méthode ou se remémorer les principaux concepts abordés. Cette possibilité de revoir les contenus à volonté constitue un avantage important dans le processus d’apprentissage.

Par ailleurs, les contenus proposés par les professeurs-influenceurs sont souvent plus attractifs pour les jeunes générations. Ils sont diffusés sur des plateformes qu’elles utilisent quotidiennement et adoptent des formats adaptés aux nouveaux usages numériques. Les vidéos courtes, inspirées du modèle de TikTok ou des YouTube Shorts, permettent de présenter rapidement une notion en une à deux minutes. D’autres formats, plus développés, restent généralement concis et dépassent rarement une quinzaine de minutes. Cette approche dynamique et condensée répond aux habitudes de consommation de l’information des jeunes et contribue à maintenir leur attention plus facilement qu’un cours magistral traditionnel.

Enfin, la présence de contenus éducatifs sur les réseaux sociaux peut être perçue comme un élément positif dans un environnement numérique souvent critiqué pour la faible qualité de certains contenus destinés aux jeunes. Les professeurs-influenceurs proposent une alternative intéressante en diffusant des ressources pédagogiques accessibles et instructives. Bien qu’elles ne remplacent pas l’enseignement traditionnel, ces ressources permettent aux élèves de consacrer une partie de leur temps passé sur les réseaux sociaux à l’apprentissage. Ainsi, au lieu de consommer uniquement des contenus de divertissement, les jeunes peuvent également développer leurs connaissances et renforcer leur réussite scolaire.

Exemple : Yvan Monka

Pour mieux comprendre le phénomène des professeurs-influenceurs, il est intéressant de s’intéresser à Yvan Monka, l’un des créateurs éducatifs francophones les plus suivis. Professeur de mathématiques à l’Académie de Strasbourg, il partage depuis plus de dix ans des ressources destinées à aider les élèves à progresser et à développer un intérêt pour les mathématiques. À ce jour, il a publié plus de 1’900 vidéos pédagogiques couvrant une grande partie des programmes scolaires. Précurseur dans ce domaine, il a commencé à publier des vidéos (d’après YouTube en fin 2014) explicatives à une époque où les contenus éducatifs étaient encore peu présents sur les réseaux sociaux. Ses premières vidéos, généralement courtes, avaient pour objectif de faciliter la compréhension des notions et la résolution d’exercices. Aujourd’hui, sa chaîne YouTube demeure le cœur de son activité et cumule plusieurs centaines de millions de vues, faisant de lui une référence du soutien scolaire en ligne dans l’espace francophone.

Bien qu’il soit également présent sur Instagram et TikTok, où il propose des formats plus courts adaptés aux usages actuels, il continue de privilégier les vidéos plus longues sur YouTube. Cela montre que les contenus approfondis conservent une place importante lorsqu’il s’agit d’expliquer des notions complexes et d’accompagner les élèves dans leur apprentissage. Les commentaires publiés sous ses vidéos témoignent de l’impact qu’il peut avoir sur son audience. De nombreux élèves indiquent mieux comprendre certaines notions grâce à ses explications et apprécient particulièrement la clarté de sa pédagogie. Ces retours suggèrent que les élèves recherchent non seulement des ressources numériques, mais également des méthodes d’enseignement différentes de celles proposées dans le cadre scolaire traditionnel.

Son engagement dépasse par ailleurs le simple soutien scolaire. Il participe à la promotion des filières STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques), notamment auprès des jeunes femmes, encore sous-représentées dans ces domaines. En complément de son activité sur les réseaux sociaux, il met également à disposition un site internet gratuit regroupant cours, exercices et ressources pédagogiques.

L’exemple d’Yvan Monka illustre le potentiel des professeurs-influenceurs dans le paysage éducatif actuel. Grâce aux outils numériques, un enseignant peut aujourd’hui toucher un public bien plus large que celui de sa salle de classe et accompagner des milliers d’élèves dans leurs apprentissages. Son succès montre qu’il existe une réelle demande pour des contenus pédagogiques accessibles, gratuits et adaptés aux habitudes numériques des nouvelles générations.

Les limites et les risques du phénomène

Si les professeurs-influenceurs peuvent d’abord apparaître comme une manière moderne et engageante de transmettre des savoirs, ce phénomène soulève en réalité plusieurs limites. Les réseaux sociaux permettent de rendre certains contenus plus accessibles, plus attractifs et parfois plus motivants pour les élèves. Pourtant, derrière cette apparente démocratisation de l’apprentissage, des dérives peuvent émerger.

D’abord, tous les créateurs de contenus éducatifs ne sont pas nécessairement des enseignants formés. Certains sont avant tout des influenceurs qui proposent des méthodes, des conseils ou des explications sans disposer du bagage académique et pédagogique attendu d’un professeur. Cela ne signifie pas que leurs contenus sont forcément faux, mais ils ne sont soumis à aucun cadre de validation comparable à celui de l’institution scolaire. Dès lors, des élèves qui n’ont pas toujours le recul critique nécessaire peuvent accorder davantage de crédit à une vidéo attractive et bien mise en scène qu’aux explications de leur propre enseignant, ce qui peut fragiliser la relation pédagogique.

Une autre dérive importante concerne la monétisation de ces contenus. Certains professeurs-influenceurs utilisent leur notoriété pour promouvoir des fiches, des cours en ligne, des masterclass ou d’autres ressources payantes. Cette logique pose question dans la mesure où elle entre en tension avec le principe d’une éducation gratuite et accessible à tous. Le cas de Lucas Markarian, alias « Lucas-Maths », évoqué par <strong>Blast</strong>, illustre bien ces ambiguïtés : plusieurs anciens élèves décrivent des tournages réalisés en classe, parfois pendant les cours, ainsi qu’une participation directe d’adolescents à la promotion de fiches, de masterclass ou de collaborations commerciales. À cela s’ajoutent des pratiques marketing contestées, comme la collecte peu transparente d’adresses mail ou l’envoi de messages promotionnels, qui brouillent la frontière entre accompagnement pédagogique et stratégie commerciale.

Enfin, ce phénomène interroge plus largement la place du numérique et des réseaux sociaux dans l’éducation. L’utilisation de la salle de classe comme espace de tournage, la participation des élèves à la création de contenus ou encore la promotion de ressources payantes par des enseignants posent des questions éthiques importantes : le consentement des élèves est-il toujours réel ? Jusqu’où un professeur peut-il utiliser son cadre professionnel pour développer une activité d’influence ? Plus largement, cette évolution montre la nécessité pour l’institution scolaire de mieux réfléchir à l’encadrement des réseaux sociaux dans l’enseignement, afin de préserver la relation pédagogique, l’esprit critique des élèves et les principes d’égalité qui fondent l’école.

Faut-il interdire les réseaux sociaux ?

Les réseaux sociaux offrent aujourd’hui un accès rapide à une grande quantité d’informations, dont certaines peuvent être de très bonne qualité. Dans le domaine éducatif, de nombreux professeurs et créateurs de contenu reprennent les codes des vidéos courtes et dynamiques afin de rendre les notions plus accessibles et plus faciles à assimiler. Ces formats peuvent ainsi constituer un complément intéressant à l’enseignement traditionnel, notamment en permettant aux élèves de revoir une notion ou de mieux comprendre un exercice.

Cependant, cet aspect positif doit être replacé dans un contexte plus large. Les jeunes passent déjà une part importante de leur temps sur les plateformes numériques, ce qui suscite de nombreuses inquiétudes. L’usage intensif des réseaux sociaux est souvent associé à une baisse de la capacité d’attention, à des difficultés de concentration et à un rapport plus fragmenté à l’information. Même lorsque les contenus sont éducatifs, ils restent diffusés dans un environnement conçu pour capter durablement l’attention de l’utilisateur.

Ce constat alimente aujourd’hui un véritable débat de société. En Suisse, une étude de l’institut gfs.bern relayée par la SonntagsZeitung montre que 94% des Suisses estiment que les enfants et les adolescents doivent être mieux protégés contre les effets néfastes des plateformes. Dans ce contexte, l’idée d’un encadrement plus strict, voire d’une interdiction partielle pour les mineurs, progresse également dans d’autres pays européens. En France, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. En Allemagne, un panel d’experts a recommandé d’interdire aux moins de 13 ans de gérer leurs propres comptes et de renforcer la responsabilité des plateformes et des parents.

L’école elle-même s’adapte à cette évolution. Dans de nombreux établissements, l’usage du smartphone est déjà restreint, voire interdit, afin de limiter les distractions et de préserver l’attention des élèves. Pour autant, une politique uniquement fondée sur l’interdiction peut sembler insuffisante. Les réseaux sociaux occupent désormais une place centrale dans l’accès à l’information écrit Jim Egan, auteur principal du rapport de l’institut Reuters pour l’étude du journalisme, même si la Suisse reste davantage attachée aux médias traditionnels.

Dans cette perspective, il semble plus pertinent de ne pas limiter la réflexion à une simple opposition entre autorisation et interdiction. L’enjeu pourrait plutôt être de mieux encadrer certains usages, de limiter les contenus les plus problématiques et, surtout, de renforcer l’éducation aux médias et au numérique. Former les élèves à développer leur esprit critique, à comprendre le fonctionnement des algorithmes et à distinguer les contenus fiables des contenus trompeurs apparaît aujourd’hui essentiel.

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Genially : transformer les cours en expériences interactives

Genially est une plateforme de création de contenus interactifs permettant de dynamiser les apprentissages grâce à des présentations, jeux, quiz et activités pédagogiques engageantes.

Type

Plateforme d’apprentissage

Avantage compétitif

La solution permet de créer des contenus interactifs favorisant l’engagement des élèves et rendant les apprentissages plus attractifs.

Prix

Genially repose sur un modèle freemium. La version gratuite permet de créer des contenus interactifs et d’inviter gratuitement un nombre illimité d’élèves. Pour accéder à des fonctionnalités avancées, une offre Pro est proposée à partir de EUR 7 (CHF 6,45) par mois, tandis que l’offre Expert, à partir de EUR 9,99 (CHF 9,20) par mois, ajoute notamment la génération audio et des options de personnalisation supplémentaires.

Nombre d’utilisateurs

Genially communique sur 46 millions d’utilisateurs avec plus de 18 millions d’équipes et plus de 130 millions de créations.

Niveau de développement

Genially a été créé en 2015 en Espagne afin de faciliter la création de contenus interactifs. Depuis, la plateforme s’est imposée comme une référence dans les domaines de l’éducation, de la formation et de la communication, avec plusieurs millions d’utilisateurs à travers le monde. Au regard de son ancienneté, de sa large communauté d’utilisateurs et de la taille de son entreprise, la solution peut aujourd’hui être considérée comme étant à un stade de développement avancé.

Comment cela fonctionne ?

Genially permet de créer des contenus interactifs à partir de modèles ou d’une page vierge. Les utilisateurs peuvent intégrer des textes, images, vidéos, animations, quiz ou boutons interactifs afin de concevoir des présentations engageantes.

Lien : https://genially.com/fr/

Fonctionnalités :

  • La plateforme permet de créer des présentations, infographies, jeux, quiz, vidéos interactives et escape games. Il est par la suite possible de suivre en direct ou en résultat final les réponses données par les élèves aux questionnaires ou pendant la présentation.

  • Une large bibliothèque de modèles prêts à l’emploi facilite la création de contenus pédagogiques sans compétences techniques particulières.

  • La plateforme est compatible avec les principaux navigateurs web et peut être utilisée sur ordinateur, tablette ou smartphone.

  • Des outils d’intelligence artificielle sont également disponibles pour faciliter la création de contenus, notamment la génération de textes, d’images et d’audio selon l’abonnement choisi.

  • Les utilisateurs peuvent intégrer différents éléments multimédias, tels que des images, des vidéos, des animations, des boutons interactifs ou des liens externes.

  • Les contenus peuvent être partagés par simple lien, intégrés à un site web ou utilisés directement en classe.

  • Genially propose des fonctionnalités collaboratives permettant à plusieurs utilisateurs de travailler simultanément sur un même projet.

Analyse :

Plutôt que de laisser les élèves apprendre uniquement à travers les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, il peut être intéressant de rendre les cours eux-mêmes plus interactifs. Comme évoqué précédemment, la capacité d’attention des jeunes semble être davantage sollicitée qu’auparavant par les contenus numériques. L’objectif n’est pas de transformer tous les cours en divertissement, mais d’adapter certaines pratiques pédagogiques afin de maintenir l’engagement des élèves. C’est dans ce contexte que Genially prend tout son sens.

  • Genially ne se limite pas à un simple logiciel de présentation. La plateforme permet de créer des contenus visuellement attractifs grâce à des animations, des éléments interactifs et une interface intuitive ne nécessitant aucune compétence en programmation. Même des enseignants peu à l’aise avec les outils numériques peuvent concevoir rapidement des supports modernes grâce aux nombreux modèles disponibles et au système de glisser-déposer.

  • L’un des principaux atouts de Genially réside dans son interactivité. Les présentations peuvent intégrer des quiz, des questions, des vidéos, des liens, des boutons ou encore des activités auxquelles les élèves participent directement. L’enseignant peut ainsi recueillir les réponses de la classe, identifier les incompréhensions et adapter son cours en conséquence. Cette approche favorise une participation plus active des élèves et limite le caractère parfois très vertical de l’enseignement traditionnel.

  • La plateforme propose également des formats variés tels que des jeux pédagogiques, des infographies, des escape games ou des activités basées sur la gamification. Ces mécanismes rendent les apprentissages plus ludiques tout en développant des compétences telles que la résolution de problèmes, la collaboration ou la réflexion. Ils permettent également de varier les méthodes d’enseignement afin de maintenir la motivation des apprenants.

  • Un autre avantage important concerne le gain de temps pour les enseignants. Genially met à disposition une vaste bibliothèque de modèles créés par des professionnels et par sa communauté d’utilisateurs, évitant ainsi de repartir de zéro pour chaque nouvelle activité. Des fonctionnalités d’intelligence artificielle facilitent également la création de présentations ou de contenus pédagogiques, même si ces outils nécessitent encore une relecture et des ajustements. Enfin, la plateforme peut être utilisée dans pratiquement toutes les disciplines et même par les élèves pour réaliser leurs propres présentations, ce qui renforce encore son intérêt au sein d’un établissement scolaire.

La solution présente toutefois certaines limites :

  • Bien qu’elle ait été pensée pour être simple d’utilisation, il est probable que les premiers utilisateurs soient les enseignants déjà sensibles aux outils numériques. Les professeurs les plus réticents au changement risquent de moins s’approprier la plateforme, ce qui peut limiter son adoption à grande échelle.

  • Enfin, il convient de rappeler que Genially doit être considéré comme un complément aux méthodes d’enseignement traditionnelles et non comme un remplacement. Introduire davantage d’interactivité permet de mieux répondre aux attentes des nouvelles générations, mais il reste essentiel de conserver des approches plus classiques qui développent la concentration, l’effort et l’autonomie sur le long terme. L’enjeu est donc de trouver un équilibre entre innovation pédagogique et méthodes d’enseignement éprouvées.

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Pouceec : un coup de pouce à l’esprit critique !

Pouceec est une plateforme d’apprentissage permettant de favoriser le développement de l’esprit critique des élèves avec des parcours clés en main pour des animations en classe.

Type

Plateforme d’apprentissage

Avantage compétitif

La solution permet de développer l’esprit critique des élèves à partir de vidéos, dans un cadre pédagogique directement utilisable par les enseignants.

Prix

La plateforme est développée par l’association FReDD (Film, Recherche et Développement Durable), en collaboration avec les partenaires du projet Pouceec. Son contenu éditorial est également assuré par l’association FReDD. Soutenu par l’État français et plusieurs partenaires institutionnels, le projet est mis gratuitement à disposition des enseignants et des élèves.

Nombre d’utilisateurs

À ce jour, les porteurs du projet ne communiquent pas de statistiques publiques sur le nombre d’utilisateurs.

Niveau de développement

Le projet Pouceec a été lancé en 2023 dans le cadre d’un programme de recherche consacré au développement de l’esprit critique des élèves face aux contenus vidéo et numériques. Développée par une association en collaboration avec plusieurs partenaires institutionnels et académiques, la plateforme est expérimentée dans plusieurs académies françaises.

Comment cela fonctionne ?

Pouceec permet aux enseignants de proposer aux élèves des parcours autour de vidéos. Les élèves visionnent des contenus sélectionnés, puis réalisent des activités visant à analyser les informations présentées, identifier les arguments, questionner les sources et repérer d’éventuels biais ou manipulations.

Lien : https://pouceec.fr/

Fonctionnalités :

  • La plateforme permet aux enseignants de créer ou d’utiliser des parcours pédagogiques qui sont déjà mis en ligne sur la plateforme.

  • Dans l’objectif de développer une analyse critique des informations présentées dans les vidéos, les élèves réalisent des activités d’apprentissage actives leur permettant d’analyser différents contenus, de confronter les points de vue et de construire leur propre réflexion.

  • Les parcours abordent différentes thématiques telles que la désinformation, les biais cognitifs, la fiabilité des sources, les algorithmes ou encore l’argumentation.

  • Les enseignants peuvent suivre les réponses des élèves et adapter leurs séquences pédagogiques en fonction des objectifs d’apprentissage.

  • L’outil est entièrement accessible en ligne et est conçu pour être utilisé directement en classe, il est également disponible sur plusieurs supports : smartphone, tablette, ordinateur.

  • Pouceec est proposé gratuitement aux établissements et s’appuie sur un projet de recherche associant plusieurs partenaires académiques et institutionnels. Les contenus et les activités sont ainsi conçus pour répondre aux besoins des élèves et s’intégrer dans un cadre pédagogique.

Analyse :

Les réseaux sociaux occupent aujourd’hui une place centrale dans l’accès à l’information, en particulier chez les jeunes. Avec l’évolution des technologies numériques et le développement rapide de l’intelligence artificielle, il devient de plus en plus difficile de distinguer une information fiable d’une information trompeuse. Même les professionnels de l’information ou les médias traditionnels peuvent parfois être confrontés à des contenus difficiles à vérifier. Dans ce contexte, former les nouvelles générations à développer leur esprit critique apparaît comme un enjeu majeur. C’est précisément dans cette optique que s’inscrit Pouceec.

  • La plateforme repose sur une idée simple : utiliser les outils numériques pour apprendre aux élèves à mieux les maîtriser. Les jeunes passent une grande partie de leur temps sur Internet et les réseaux sociaux, où circulent de nombreuses informations de qualité très variable. À cela s’ajoute le fonctionnement des algorithmes, qui ont tendance à proposer des contenus similaires à ceux déjà consultés. Ce phénomène, souvent qualifié de « bulle algorithmique », peut limiter la diversité des points de vue et renforcer certaines opinions. Pouceec cherche à répondre à cette problématique en proposant des activités permettant aux élèves d’analyser des vidéos, d’identifier les arguments présentés, de confronter différentes opinions et de construire leur propre réflexion. Les activités sont organisées par thématiques afin de favoriser les échanges et les débats au sein de la classe.

  • Le format proposé constitue également un point fort. Les activités sont courtes, interactives et facilement intégrables dans une séance de cours, ce qui permet de varier les approches pédagogiques et de rendre les apprentissages plus dynamiques. De plus, l’esprit critique n’est pas une compétence propre à une seule discipline. Qu’il s’agisse des sciences, des sciences humaines, des langues ou encore des arts, les élèves doivent être capables d’analyser des informations, de remettre en question certaines affirmations et de construire une argumentation solide. La plateforme peut ainsi être utilisée dans de nombreuses matières et favoriser une approche transversale de cette compétence.

  • Pouceec propose également une fonctionnalité de partage des activités entre enseignants. Les utilisateurs peuvent ainsi s’appuyer sur des parcours déjà créés lorsqu’ils ne disposent pas du temps nécessaire pour concevoir leurs propres ressources. Cette dimension collaborative représente un véritable avantage, puisqu’elle permet d’enrichir progressivement la plateforme avec de nouvelles activités tout en créant une communauté d’enseignants partageant leurs bonnes pratiques.

  • Enfin, la plateforme permet aux enseignants de suivre les réponses des élèves en temps réel. Cette fonctionnalité facilite l’identification des difficultés rencontrées, permet d’adapter les explications au cours de la séance et d’orienter les prochaines séquences pédagogiques en fonction des besoins de la classe. Les enseignants disposent ainsi d’un retour immédiat sur la compréhension des élèves et peuvent intervenir plus efficacement.

Dans un contexte où les contenus générés par l’intelligence artificielle et les réseaux sociaux occupent une place toujours plus importante, ce type d’outil devrait devenir de plus en plus pertinent. Au-delà de la vérification des faits, il contribue à apprendre aux élèves à analyser les sources, à comprendre le fonctionnement des algorithmes et à construire une réflexion argumentée. Le fait que Pouceec soit entièrement gratuit constitue un atout supplémentaire qui facilite son adoption par les établissements scolaires. Plus largement, développer l’esprit critique apparaît aujourd’hui comme une compétence indispensable pour former des citoyens capables de comprendre le monde qui les entoure, de prendre du recul face à l’information et de participer de manière éclairée au débat démocratique.

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