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Concrètement, comment ça s’organise en classe ? Les grands principes

On perçoit derrière tout cela l’idéal qui est recherché. Mais comment est-ce que cela peut fonctionner ? Quels sont les moyens à mettre en œuvre ?

La toute première étape est de savoir détecter, identifier des besoins éducatifs spécifiques chez un élève. L’article « élèves à besoins éducatifs particuliers » présente une vue d’ensemble des problèmes d’apprentissage ou de comportement qui peuvent se rencontrer en classe.

Une fois repéré et reconnu, chaque enfant accueilli présentant des besoins spécifiques doit faire l’objet d’un plan personnalisé de scolarisation (dont le nom varie d’un pays à l’autre mais qui doit être établi, si possible, sur des évaluations spécifiques au handicap de la personne et reconnues sur le plan international). Cela recense les besoins et détermine des objectifs atteignables et mesurables dans un délai raisonnable, ainsi que les dispositifs spéciaux nécessaires (groupes de besoins...). Ce projet sera réévalué régulièrement par l’équipe éducative.

Ensuite, chaque enseignant de classe doit recevoir l’aide de personnes ressources expertes en fonction des besoins. Enseignants spécialisés mais également professionnels de la santé, tels que psychomotriciens, orthophonistes, psychologues, etc., doivent pouvoir intervenir à l’école. Cela n’engendre pas plus de coûts que ce qui existe actuellement en France ou en Suisse, c’est simplement le lieu d’intervention qui change.

Par ailleurs, c’est l’occasion de revoir l’organisation traditionnelle de la classe dans laquelle chaque enfant reçoit le même enseignement. L’école inclusive suppose de partir des besoins des élèves. On peut alors mettre en place un dispositif plus modulaire, qui permette de constituer à certains moments de la journée des groupes de besoins, spécialisés ou non. Cette idée n’est pas nouvelle et correspond d’ailleurs assez bien à ce qui se passe dans les écoles dites actives. Chacun reçoit des enseignements qui correspondent à ses besoins et il est alors possible d’apprendre ce qui est enseigné et de s’inscrire dans un processus de réussite scolaire. La vidéo ci-dessous montre dans quel contexte et quelle organisation scolaire une éducation inclusive peut se déployer. On imagine aisément comment chacun peut travailler ses besoins, sans stigmatisation.

 

Vidéo du ministère de l'éducation néo-zélandais sur les environnements d'apprentissage innovants

Enfin, il est important de compléter cela en précisant que pour une complète réussite, une mise en place de cette nouvelle école demande des efforts au niveau de la recherche (car il faut développer et préciser les « bonnes pratiques » en vue d’une différenciation étendue à tous les élèves) ainsi que des moyens pour la formation des enseignants et des professionnels impliqués dans l’accompagnement des enfants différents1.

La carte heuristique ci-dessous synthétise, de façon non exhaustive, les différents aspects à envisager pour réussir l’accueil d’un élève à besoins éducatifs particuliers dans une classe. Ce sont des principes qui devront être considérés quelque soit le modèle d’inclusion retenu par le pays ou l’institution.

 Mindmap inclusion

Le tableau idéal peut sembler long à mettre en œuvre. Cependant, des écoles y parviennent déjà, souvent à la plus grande satisfaction de tous (enfants, enseignants, parents). Et même si tout n’est pas en place tout de suite, ce qui compte c’est que chacun se mettre en route sur cette voie.


Références : 

1 THOMAZET Serge (2008), « L’intégration a des limites, pas l’école inclusive ! ». Revue des sciences de l’éducation, volume 34, numéro 1, p. 123-139. http://id.erudit.org/iderudit/018993ar

Pour en savoir plus : 

Le site suivant propose de nombreuses pistes de réflexion pour la construction d’une école inclusive en France : http://www.versunecoleinclusive.fr/