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La deuxième partie du 20e siècle

Ecole - Salle de Classe 2

Contenus enseignés : 

En France :  En mai 1968, une protestation véhémente naît de la faculté de Nanterre. Les "Enragés" réclament l'indépendance de l'enseignement vis-à-vis des pouvoirs politiques, l'égalité des droits d'accès à la plus haute culture, la cogestion. Des barricades et grêves générales s'en suivent. Edgard Faure présente le projet de loi d'orientation de l'enseignement supérieur le 24 juillet 1968. Il est approuvé par quasi-unanimité et se base sur l'autonomie et la participation. L'université doit répondre à la vie moderne, transmettre des connaissances exactes, être ouverte à tous, assurer à tous le meilleur choix de profession. Les franchises universitaires garantissent la liberté d'information et de formation. Après 1991 les langues vivantes deviennent obligatoires, la cogestion d'organise, des nouveaux contenus alliant rigueur scientifique et créativité sont mis en place.

Aux Etats-Unis : La guerre froide maintient la priorité d'un enseignement technique et s'éloigne des conceptions socialisantes de Dewey. Des nouvelles techniques émergent comme la télé-audiovision, l'enseignement programmé selon les concepts de Skinner, l'enseignement assisté par ordinateur.

Au Japon : Les manuels d'histoire nationalistes font leur retour en 1947. Il faut attendre 1993 pour que les manuels scolaires respectant davantage la vérité historique soient rétablis. 

Enseignants : 

En France, l'intérêt pour la formation des enseignants va grandissant. En mars 1968, le Colloque d'Amiens de l'Enseignement supérieur alerte l'opinion sur la nécessité de repenser les valeurs et les méthodes d'enseignement. La commission de formation des maîtres trace un nouveau programme qui sert au plan de Faure. La licence et la maîtrise en sciences de l'éducation sont mises en place. Les écoles normales sont réformées et les instituts de formation des maîtres, ouverts aux étudiants bac +3 sont créés.

Méthodes d'enseignement :

La pédagogie emprunte des notions à la psychologie. Clifford Mayes met en théorie une pédagogie archétypale fondée sur la psychologie analytique développée par Carl-Gustav Jung dès 1956. 

En France, la Pédagogie Institutionnelle développée par Célestin Freinet, Fernand Oury et Aïda Vasquez, donne la place aux élèves dans l’organisation de la classe. Elle ne parvient pas à s’intégrer dans l’éducation nationale qui peine à faire place à l'innovation pédagogique.

Une plus grande attention est accordée aux enfants en difficultés : étrangers ou handicapés (pédagogie de soutien, groupes d'actions psychopédagogiques, création des zones d'actions prioritaires). Entre les années soixante et quatre-vingt les psychologues, psychanalystes et pédopsychiatres tels que Winnicott et Dolto mettent en question la rigidité de la puériculture et le petit enfant prend de l'intérêt sur le plan de l'éducation. 

Hors de l'école, les mouvements de jeunes proposent des activités : le scoutisme et autres mouvements laïcs se développent et se chargent de la formation physique, morale et artistique de la jeunesse. Les Centres d’éducation aux méthodes actives (C.E.M.E.A.) forment des animateurs en s’inspirant des pédagogues. 

Organisation de l'école : 

En France : Le monopole de l’Etat sur les écoles s’organise. Les réformes se succèdent. La scolarité obligatoire est prolongée jusqu'à 16 ans. En 1959, le Général de Gaulle définit les études secondaires : un premier cycle de 11 à 15 ans, le collège d'enseignement secondaire, ouvert à tous, est consacré à la connaissance et l'orientation. Vers 1967 l'urgence d'un changement se fait sentir : insuffisance d'accueil des structures, forte croissance démographique, élitisme et impuissance du système à préparer la jeunesse au travail.

Les établissements d'accueil de la petite enfance se diversifient (haltes-jeu, maison d'assistantes maternelles). Les écoles maternelles se développent. Le programme de l'école élémentaire est modifié : allègement des programmes, tiers-temps pédagogique. Le baccalauréat est mieux équilibré, l'orientation s'organise.

Les ministères et les réformes se succèdent. La formation technique est réorganisée (préparation au certificat d'aptitude professionnelle et au brevet d'enseignement professionnel). L'école maternelle et élémentaire font l'objet d'une réforme importante en 1990 (apprentissages premiers jusqu'à 5 ans, apprentissages fondamentaux de 5 à 8 ans, apprentissages appliqués jusqu'au CM2). Le collège est réorganisé et les méthodes préconisées sont celles de l'éducation nouvelle. La 3e prépare aux enseignements généraux, technologiques et professionnels. La 6e vise à remettre à niveau de manière individuelle les élèves. Le nombre de lycéens qui quittent l'établissement sans qualification diminue chaque année. L'enseignement technologique et professionnel se développe. Les centres de formation des apprentis sont créés et l'apprentissage étendu à 25 ans. Les IUT chargés de former des techniciens de niveau bac +2 se développent avec succès.

La formation permanente des adultes (FPA) se met en place et L’université du troisième âge complète le cycle de l’instruction pour tous. 

En Grande-Bretagne : La scolarité est prolongée de 14 à 15 ans en 1947 puis à 16 ans en 1972 et les écoles secondaires deviennent gratuites mais l'entrée dans les établissements secondaires indépendants les plus renommés (improprement appelés Publics Schools) se fait sur la base de concours difficiles et les frais de scolarité sont très élevés. Les élèves sont répartis en fonction des leurs résultats entre trois types d'établissements : Grammar Schools, Secondary Moderns et Technical Schools. L'enseignement est traditionnel et élitiste et une répartition injuste est faite en faveur des Grammar Schools. Au gré des résultats des scrutins, Les gouvernements travaillistes et conservateurs se succèdent et font des propositions pour une école unique puis des filières à vocation professionnelle. Ces tentatives échouent et les enfants au plus bas niveau rejoignent l'enseignement privé ou les cours pour adultes. Les plus favorisés accèdent aux établissements les plus prestigieux dont les universités d'Oxford et Cambridge. Seul un tiers d'une classe d'âge parvient à l'université. 

Aux Etats-Unis : Au début des années 1970 l'idée d'une égalité des chances en faveur des minorités s'impose. Le coût des études supérieures est cependant tel que de nombreuses bourses sont nécessaires et les étudiants voire les lycéens sont contraints de travailler en parallèle. Les faillites d'écoles sont nombreuses et la violence règne souvent dans les établissements. Les diplômes universitaires ne suffisent plus pour obtenir du travail. La part du budget national consacrée à l'enseignement reste infime : de l'ordre de 6% en 1994.

En ex-URSS : La guerre a détruit les écoles et les grands éducateurs de l'époque précédente sont décédés. En 1943 est créée une académie des sciences pédagogiques. En 1966 est établi un nouveau système d'enseignement secondaire à dix classes. L'Ecole Polytechnique du travail qui commence à sept ans et dure huit ans représente la base du système. L'Ecole Professionnelle technique donne une qualification d'ouvrier en trois ans. Il existe de nombreuses écoles techniques répondant au besoin de liaison avec l'entreprise. Les études supérieures sont dispensées dans des établissements où les cours peuvent être suivis le soir ou par correspondance. La dissolution de l'ex-URSS conduit les universités du pays à la banqueroute, les enseignants émigrent et beaucoup d'étudiants sont contraints de cesser leurs études faute de bourses. 

Au Japon : l'intellectualisme est la règle et la compétition fait des ravages. Le nombre des suicides d'adolescents est accru. Les traditions sont solidement ancrées. L'enfant japonais doit maîtriser trois systèmes d'écritures.

En Chine : L'école chinoise bureaucratisée et élitiste est remise en question par Mao Zédong pendant la révolution économique. On mobilise les paysans pour prendre en charge l'industrialisation des campagnes et l'éducation. Les écoles populaires sont gérées par les unités de production. La formation idéologique prend le pas sur l'instruction. En 1962 elle est contestée et réduite, de même que le travail manuel. Les habitants des campagnes accèdent difficilement à l'enseignement supérieur. Mao créée des universités pour instruire les ouvriers, paysans et militaires mais l'élitisme et le népotisme subsistent. A la mort de Mao les nouveaux dirigeants du Parti adaptent le système d'éducation à la nouvelle politique économique marquée par un fort développement. La recherche se développe et les méthodes sont libérées des idéologies. L'enseignement demeure très coûteux. Les établissements sont libres du choix de leurs professeurs, manuels et programmes, bien que les étudiants restent étroitement surveillés par le gouvernement. 

Spécificités : L'école réformée, demeure fidèle au verbalisme, au didactisme, à l'encyclopédisme. La sélection négative l'emporte sur l'orientation progressive. L'élitisme subsiste puisque 16% d'enfants d'ouvriers obtiennent leur baccalauréat contre 74% pour les enfants de cadres et professions libérales. L'usage de l'informatique se répand à l'école au fur et à mesure que s'accomplit la révolution scientifique et technique. L'utilisation des Technologies de l'Information et de la Communication pour l'enseignement se développe (TICE). L'éducation s'ouvre sur l'Europe et le monde. 

Figures et concepts clés : L'Enseignement programmé, l'Enseignement Assisté par Ordinateur, la Pédagogie Institutionnelle, les TICE, Donald Winnicott, Françoise Dolto, Skinner, C. G. Jung, F. Oury, A. Vasquez.


Pour en savoir plus : 

Vial Jean, « Vers l'Avenir (deuxième moitié du XXe siècle)», Histoire de l'éducation, Paris, Presses Universitaires de France, «Que sais-je ?», 2009.

Site web de Bernadette Moussy, si la Pédagogie m'était contée, le 20e siècle

Pédagogie selon la Wikipedia

Donald Winnicott selon la Wikipedia

Françoise Dolto selon la Wikipedia

Clifford Mayes selon la Wikipedia

Carl Gustav Jung selon la Wikipedia

Pédagogie institutionnelle selon la Wikipedia

Fernand Oury selon la Wikipedia

Aïda Vasquez selon la Wikipedia

Burrhus Frederic Skinner selon la Wikipedia

Technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement

Enseignement assisté par ordinateur selon la Wikipedia

Centre d'entraînement aux méthodes d'éducation active selon la Wikipedia