Index de l'article

Le 17e et le 18e siècle : de la caricature du génie grec à l'humanisme scientifique

Adriaen van Ostade 007Contenus enseignés :

Dans les écoles élémentaires : On y fait un apprentissage rudimentaire : lecture, écriture, calcul et chant.

Les frères de la doctrine chrétienne : Cette congrégation formée à Reims permet aux garçons pauvres d'apprendre un métier. Le français y est introduit.

Dans les écoles de Port-Royal : Ces écoles créées par le courant religieux de jansénistes font figure d'exemple. Un enseignement de haute qualité est donné en français, on apprend l'ouverture vers la philosophie cartésienne et la logique.

Dans les écoles secondaires : Le latin prime sur le français. Seuls les collèges des Oratoriens suivent les recommandations de Descartes et Coménius et font une grande place au français, à l'histoire, la géographie et les sciences. Il faut attendre la deuxième partie du 18e siècle pour qu'un cours de littérature française soit ajouté à la rhétorique.

Dans les universités : L'éducation s'en tient à la logique aristotélicienne de l'Antiquité et condamne Descartes. Les universités se développent peu contrairement aux collèges et académies. Une formation littéraire générale est finalement introduite à la fin du 18e siècle ainsi que des rudiments de sciences.

L'éducation des filles : Fénelon (Le Couvent des Nouvelles catholiques) et Madame de Maintenon (La Maison de Saint-Cyr) se préoccupent de l'éducation des filles. Les matières enseignées comprennent la lecture, l'écriture, la grammaire, l'histoire, la littérature et les arts.

Les écoles centrales : Après la révolution un décret établit les écoles centrales. Le programme couvre les mathématiques, la physique, les sciences expérimentales, morales et sociales.

Enseignants :

Dans les écoles élémentaires : Les enseignants sont recrutés par les habitants ou le curé. Ils sont souvent médiocrement instruits, mal rétribués et bénéficient d'un statut très précaire.

Les frères de la doctrine chrétienne : Jean-Baptiste de la Salle ouvre un séminaire pour former les maîtres d'écoles ainsi qu'une école de pratique.

L'idée d'une école normale de formation des maîtres apparaît bien que le premier projet ne dure que quelques mois. 

Méthodes d'enseignement :

Dans les écoles élémentaires : Les élèves sont répartis en groupes de niveau. Durant le catéchisme on apprend par coeur par le système question-réponse.

Dans les écoles de Port-Royal : Les méthodes pédagogiques sont novatrices et la psychologie spécifique de l'enfant est reconnue. Le jeu est utilisé comme instrument d'apprentissage. On préfère l'oral aux livres et le jugement au savoir encyclopédique.

Les frères de la doctrine chrétienne : Leurs principes d'enseignements consistent à connaître bien leurs élèves, individualiser l'enseignement, offrir une éducation pratique pour la vie, faire participer les enfants à la vie de l'école et proposer une pédagogie différentielle.

Rousseau préconise dans L'Emile (1762) une pédagogie active qui va fonder la pédagogie moderne et inspirer de nombreux pédagogues tels que Kant, Basedow ou Pestalozzi.

Organisation de l'école :

Les petites écoles de la charité : Un enseignement rudimentaire est fourni au peuple dans des maisons de fortune autour des paroisses. L'instituteur est payé par des institutions de bienfaisance ou un particulier. Les écoles sont plus nombreuses dans le nord que dans le sud de la France, et de meilleure qualité dans les villes.

Les petites écoles de Port Royal : Elles sont créées par les religieux jansénistes et dispersées par Louis XIV.

Les frères de la doctrine chrétienne : Ces écoles sont dédiées aux fils des classes laborieuses.

Les écoles primaires après la révolution : Condorcet précise à la fin du 18e les 3 niveaux d'apprentissage : Le premier correspond à l'instruction commune générale, le deuxième niveau précise les compétences professionnelles, le troisième est scientifique. La Loi Lakanal de 1794 assigne aux instituteurs payés par l'état la fonction d'enseigner dans les écoles primaires mais cette gratuité sera finalement supprimée. Dès 1795 on compte une école primaire par canton.

Les écoles secondaires : Elles sont limitées aux privilégiés.

Les écoles techniques : les écoles militaires se chargent de l'enseignement technique et se développent à la fin du 18e.

Les grandes écoles se développent (Centrale, polytechnique, Ecole Normale Supérieure…).

Spécificités : Les filles du peuple ne sont pas scolarisées avant le 17e siècle. A ce moment ce sera les ordres religieux qui vont ouvrir des écoles pour les filles.

Trois courants vont fortement contribuer à faire changer les traditions : la philosophie de Locke (le savoir ne procède que des perceptions et l'éducation doit se fonder sur la curiosité), Rousseau (l'éducation ne peut être efficace que si elle repose sur la nature de l'enfant), les Encyclopédistes (élaboration d'un humanisme technique qui rend leur dignité aux savoir-faire manuels et techniques). Après la révolution, l'éducation se nationalise. L'éducation vise alors à former un « citoyen éclairé ».

Figures et concepts clés :

Les frères de la doctrine chrétienne de Jean-Baptiste La Salle, Descartes, Coménius, l'Oratoire, Madame de Maintenon, La Chalotais, Locke, Rousseau, Kant, les Encyclopédistes, Diderot, Condorcet, Fourcroy.


Pour en savoir plus :

Vial Jean, « L'Education au XVIIe et VIIIe siècles», Histoire de l'éducation, Paris, Presses Universitaires de France , «Que sais-je ?», 2009.
Vial Jean, « La révolution et la Pédagogie», Histoire de l'éducation, Paris, Presses Universitaires de France , «Que sais-je ?», 2009.

Education à l'Epoque moderne selon Wikipedia

Site web de Bernadette Moussy, si la Pédagogie m'était contée, la Renaissance

Site web de Bernadette Moussy, si la Pédagogie m'était contée, le 18e siècle

Doctrine chrétienne (Frère de la) selon l'édition électronique du Dictionnaire de la pédagogie de Ferdinand Buisson

Port-Royal (petites écoles de) selon l'édition électronique du Dictionnaire de la pédagogie de Ferdinand Buisson

Descartes selon l'édition électronique du Dictionnaire de la pédagogie de Ferdinand Buisson

Coménius selon selon l'édition électronique du Dictionnaire de la pédagogie de Ferdinand Buisson

Maintenon (Mme de) selon l'édition électronique du Dictionnaire de la pédagogie de Ferdinand Buisson

Saint-Cyr selon l'édition électronique du Dictionnaire de la pédagogie de Ferdinand Buisson

Locke selon l'édition électronique du Dictionnaire de la pédagogie de Ferdinand Buisson

Rousseau selon l'édition électronique du Dictionnaire de la pédagogie de Ferdinand Buisson

Diderot selon l'édition électronique du Dictionnaire de la pédagogie de Ferdinand Buisson

La Chalotais selon l'édition électronique du Dictionnaire de la pédagogie de Ferdinand Buisson

Fourcroy selon l'édition électronique du Dictionnaire de la pédagogie de Ferdinand Buisson

Kant selon l'édition électronique du Dictionnaire de la pédagogie de Ferdinand Buisson