Ecole, entrepreneuriat et innovation

Index de l'article

5 façons de faire vivre l'expérience de l'entrepreneuriat et de l'innovation aux enfants

A l’heure on l’on expérimente de nouvelles formes de travail, où l’on se met à travailler en communauté, en réseau, où l’on se connecte partout, où l’on devient nomades; à l’heure où l’on tente de donner ou de redonner plus de sens à son action, la question du transfert des connaissances, de l'esprit d'entreprendre, des technologies qui seront la base des emplois et du travail de demain se pose.

Alors que faire ?

Faut-il amener les entrepreneurs dans les écoles pour qu'ils témoignent ? Sont-ils vraiment les nouveaux modèles qui incarnent les valeurs que nous souhaitons transmettre aux enfants ?

Devons-nous personnifier le passage de relai avec quelques acteurs reconnus de l'innovation et de l'entrepreneuriat ?
Peut-on le faire de façon locale et ancrée dans les territoires pour que nos enfants se reconnaissent dans ces nouveaux “portraits d’entrepreneurs inspirants” ?

1


 1 - Amener l'entrepreneur et l'entrepreneuriat à l'école

Si l'objectif semble assez clair - transmettre l'envie aux enfants d'entreprendre, d'innover, d'essayer, de connaître des échecs assez rapidement mais aussi de se relever et de persister, de savoir choisir une équipe, de savoir fédérer les autres autour d’une vision ou d’une mission entrepreneuriale innovante -, le choix des méthodes fait débat. Faut-il amener les entrepreneurs dans les écoles ou au contraire faire venir les enfants dans les lieux d'innovation ? Chaque entrepreneur a sa propre histoire, qu'il ou elle a vécu à une certaine époque. Les enfants vont-ils se reconnaître ? S'identifier ? Cela va-t-il leur donner envie d'entreprendre et de créer ? Cela va-t-il modifier leur rapport aux nouvelles technologies digitales ?

2


2 - Choisir le bon lieu d'innovation pour des enfants

Les lieux d'innovation sont-ils fait pour accueillir des enfants ? Oui, ils favorisent une immersion qui va leur faire expérimenter des choses très différentes de ce qu'ils voient dans les écoles. Aller au contact de différentes formes d'intelligence, les laisser découvrir leurs centres d'intérêt, les laisser découvrir quel entrepreneur, quel projet les inspire, leur donne envie. Leur faire côtoyer des entrepreneurs, tôt, en rencontrer plusieurs, ressentir leur énergie, leur enthousiasme, entendre leurs histoires, leurs échecs, leurs rétrospectives, pourquoi pas.

Dans les lieux actuels de l'innovation : les tiers-lieux (espaces d’échanges, voire de collaboration), les fablabs (ateliers de fabrication numérique), les lieux où la “culture maker” (culture do-it-yourself orientée vers la technologie et le prototypage) s’exprime, les makers-spaces, makershops (tiers-lieux mettant à disposition des machines-outils à commande numérique), hackerspaces, hacklabs, ou media hacklabs (tiers-lieu mettant à disposition des logiciels libres, du matériel libre, des ressources documentaires sous licence libre ou des médias alternatifs), espaces de coworking et café connectés (espaces de travail collaboratif et de rencontre), ils vont aussi découvrir l'économie collaborative, celle que leurs cousins de vingt ans sont en train d'inventer.

 3


 3 - Remplacer la visite d'entreprise traditionnelle par une expédition éducative, une “learning expedition” gamifiée

Auparavant, une visite d’entreprise traditionnelle, le plus souvent dans l’entreprise des parents, était proposée pour découvrir le monde du travail. L’implication et la motivation du plus grand nombre des salariés est aujourd’hui décriée, si bien que l’on peut s’interroger sur l’opportunité d'y amener aujourd’hui des enfants. Ne vont-ils pas ressentir un certain manque de motivation, un certain cynisme ambiant, une certaine perte de sens ? N’est-il pas préférable de leur proposer une expédition éducative qui les emmènerait d'un tiers-lieu à un café connecté, en passant par un fablab ou un makershop ?

4


 4 - Revaloriser toutes les formes d'intelligence

Tous les enfants sont différents et leur contribution future sera unique. Ils ont des forces, des faiblesses, des manières d'apprendre, des centres d'intérêt et des besoins différents. Les emmener dans ces nouveaux espaces pourrait révéler des points forts insoupçonnés. Peut-être vont-ils se passionner pour une CNC (machine outil à commande numérique) ou pour un simulateur de vol ! L'immersion dans une ambiance avec une dynamique entrepreneuriale d’incubateur pourrait les motiver.

Certains projets, notamment d'innovation sociale, pourraient devenir une cause pour laquelle ils ou elles souhaitent s'engager, et pourquoi pas vivre une expérience qu'ils ou elles pourront raconter plus tard comme une “première expérience professionnelle”. Et si les employeurs de demain recherchaient très précisément ce type d’aptitudes et d’attitudes ?

5


5 - La génération Z (les 15-25 ans d’aujourd’hui) a inventé l'économie collaborative et impose l'entreprise libérée, laissons la suivante l'affiner

Il est toujours délicat de se lancer dans une vision prospective de ce type. Qu’observe-t-on lorsque l’on invite des enfants dans des espaces d'innovation ? Des valeurs fortes. Ils ne veulent pas tricher, ils exigent le respect, ils ne supportent plus l'injustice. Ils sont instinctivement doués pour les technologies numériques émergentes, qu’ils apprivoisent à toute vitesse. En effet, ils sont nés avec. Enfin, la question que nous entendons le plus régulièrement parmi les enfants lorsque nous les initions à l'entrepreneuriat, c'est “Pourquoi-on doit faire ça ?”, “À quoi ça sert ?”. La quête de sens qui habite les parents dans les entreprises se diffuse rapidement aux jeunes générations. Ils y ajoutent leur touche (égalité, diversité, respect et quête de concret). Clairement, ça promet !

Yves Zieba
yveszieba.me